06.12.2009
comme O., qu'on appelait Tomcat
Il y a des révélateurs. Ils arrivent, ils penchent la tête, ils mettent des majuscules partout, ils ont des tee-shirts blancs, ils portent des vêtements à pois. Ils disent : "si ça te fait du bien c'est que tu ne te trompes pas du tout". Ils disent "ne crains rien surtout". Ils disent, ils font. Ils sont. Et alors, on porte dehors le bout de soi qui jusque là se cachait tant qu'on aurait pu croire qu'il n'existait pas.
Des pauses de danseuse. Des chaussures de coiffeuse. Des cup-cakes le samedi qu'on n'a pas encore mangés, et des arbres entre lesquels se promener. Des secrets, l'intimité.


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05.12.2009
Piep
Quelques montagnes blanches, quelques mouvements envoûtants :
une tête qui balance, des mains qui tournoient,
des yeux de chat, des yeux comme les poissons de Disney : Dora ?
Encore le songe qui se poursuit les yeux ouverts.
Le matin, le réveil, la tenue du sommeil.
Et quelques petits pieds sur des jambes,
et des grandes mains encore, qui serrent très fort.
L'avalanche toute petite dans un cou.
Des bruits de souris,
des heures qui réduisent la distance,
des heures qui passent sans que vienne la chance
de toucher quand en fait c'est tout près, là,
dans une heure, à peine, bientôt.
En retard d'un geste sur cette sensation à l'avance.
Sentir qu'on se repose dans le coton des montagnes blanches.
13:23 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (0)
03.12.2009
Papier à musique
Prévisible, bon soldat,
le corps réagit et fait ce que doit :
sortir, tordre, vider.
Nettoyer.
Au moment juste : comme du papier à musique.
Danser sa vie en suivant un rythme,
un air, une chanson pour tout. Des notes,
le tempo.
Un temps pour en rire, un temps pour
se toucher le ventre
un temps pour arracher les morts,
un temps pour pleurer.
Et puis attendre lentement
le morceau suivant.
12:23 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (5)
01.12.2009
alors pars
On marche dessus on piétine et ça saigne et on appelle à l'aide, il faudrait des bras, ceux qui partent justement, ces petits bras-là. Qui partent, écrasés, tordus, coulent à flot dans le sang. Ça fait mal, pas le coeur, pas l'amour, ni la vie devant:bêtement mal physiquement. Des crampes, des torsions, se retourner, pleurer vouloir vomir, la douleur, mais pars alors, pars. Et vouloir qu'il parte alors, demi-rien, faux bonheur, une enveloppe vide, une moitié de chemin. Pars, il reviendra, à chaque fois, il reviendra, mais avant il s'en va.
03:19 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (3)
27.11.2009
Bourrique
Le coeur a bondi, et elle a dit : tu es en vie. Ca marche avec les miettes, avec le calme, avec les déceptions aussi. Etre en vie. La distance entre ce qui se gagne et ce qui s'obtient facilement, les paumes tendues pour attraper ce qui vient, les doigts accrochés pour retenir ce à quoi tient. Les miettes, le vent, les fausses idées et l'omission. Un peu de chagrin encore, ça et là, pour se souvenir du palpitant.
08:17 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (1)