15.12.2009
Juste la regarder
Il n'y aura pas de froid, pas de flou, il n'y aura rien devant qu'autre chose qu'un cou. Il n'y aura pas de questions, de tentatives de comprendre, il n'y aura qu'une indifférence entraînée, une distance après la buée. Il n'y aura pas de risque à prendre ni de crainte d'être abandonnée. Il n'y aura ni hésitation ni mensonge : que du vrai car ce qui est pauvre est vrai. Il n'y aura aucun manque. Aucun souhait, aucune promesse qu'on prenne au sérieux comme si c'était bien réel. Il n'y aura que la routine des jours qui passent, et de la joie détachée pour des bonjours qui s'effacent. Laisser la place au quotidien, des petites joies domestiquées : un café contre une preuve, une cigarette contre une main posée. Il n'y aura rien si on a du courage. Celui de faire passer la peur en tournant la page. Des fois sans ça c'est plus facile, et on abandonne cette étoile qui file.
23:28 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (1)
C'est quoi ce vent ?
Dans le fond de la pièce, il y a un mur couleur mur
ça rappelle la fresque, ça rappelle mes cheveux courts,
ça rappelle le coup de canon à midi
et les livres qu'on lit, quand on peut, quand on a le temps,
quand on était pas sûr de durer longtemps.
La musique passe, avec un dedans,
un autre, un autre encore.
Des possibles musiques qui évoquent des prénoms
que des possibles,
que des possibles sauf que non.
Dessus, presque davantage,
un souffle chaud :
pour avoir moins froid il faut être près.
Tout près. J'entends le souffle,
pas suffisant.
Il y a une autre scène,
avec de la joie, des rebondissements.
Il y a un autre terrain d'expression.
Il y a cet autre endroit
qui n'est pas cette maison.
On s'éparpille, on s'attend,
on se dit des choses jolies,
quand ils en disent je les entends.
Le reste me parvient aussi,
comme ce souffle
inutile
chaud de loin,
distant.
J'ai vu une main sèche, rare,
j'ai vu un geste lent.
J'ai vu le geste devenir absent.
Ne doute pas.
De ça.
Je ne doute pas de ce froid.
Aimer l'indéfectible,
le durable, qui devient beau.
Aimer ce jour d'hiver
qui n'atteint que la peau, mais pas
l'envie de tangible, non.
Ce jour d'hiver n'obtiendra rien
de moi
d'essentiel
au fond.
11:35 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (3)
13.12.2009
Presque en vrai
Tout au fond, le sentiment d'être pas, d'être trop, de rien, juste raté. Moche et cassé : le moral en bas. Besoin de bras. Et puis un passage, un visage. Toujours ça se finit en sourires. Toujours pump it up, toujours le doux. La belle note du pays de la pluie.
01:43 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (0)
12.12.2009
Mais je ne veux pas
Tout ce qui cloche et qui avorte,
avant même que cela soit arrivé, tout ça,
la peur d'être blessée,
j'observe ce mouvement premier,
cette réaction de lâche :
penser à claquer la porte.
J'ai usé mes yeux plus qu'il ne fallait
dans un moment précieux
à regarder ailleurs,
poussée dans le dos, poussée dehors,
par une peur comme un cri :
tu dois filer, allez, vois autre chose,
car tu devrais, et même on disait,
que tu es déjà partie.
Tous ces mots, ces âges,
ces soupçons,
ces voyages à venir qui
m'ont donné le frisson.
Pourquoi ça arrive jusqu'à moi,
quel est le message. Je vois,
je sais, mais on marche,
on foule comme si de rien n'était
ce bien triste feuillage.
Se faire une joie de la route
du peu dont on dispose,
puis réaliser ce qu'on risque
dans cette métamorphose :
si je ne suis plus capable
de ne rien ressentir,
je sais alors que ce cri
me hurle de partir.
23:02 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (2)
10.12.2009
Les vilains petits trésors
Je suis émue des confessions, je suis émue des choses qu'on dit tout bas. Les choses qui habituellement mettent de l'embarras. Les choses qu'on vit honteusement et qui finalement ne dérangent pas. L'ensemble des ombres qu'on dissimule au grand jour, ces secrets qu'on tait jusque là où ça ne choque pas. Je suis émue, proche, intime, de ces vilains petits trésors là.
18:31 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (2)