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fév 27, 2008

Des pages

Elles sont dans leur cocon. Les tasses sont belles, et sur les tables règne un joyeux bordel. Elle ont organisé un concours : à celle qui gardera son bic le plus longtemps. Alors Laurence a dessiné un coeur bleu sur fond fushia, et l'a fixé à son bic noir d'un papier collant. La poubelle est remplie de paquets vides de céréales. Elles soupçonnent celle qui est enceinte, mais ce sont les enfants qui ont terminé la visite l'autre jour qui devaient trier les déchets : ça finit donc ici. Elles téléphonent, parlent, passent le combiné, oublient quelqu'un en ligne qui rappelle. Elles se font de gros yeux rieurs par-dessus leur ordinateur. Certains jours, l'une d'entre elle a oublié comment mettre la musique, ou transférer un fichier : mais elles ont l'habitude de jongler avec le serveur, et gèrent les conflits d'intérêt tout en douceur. Chaque arrivée là-bas est un accueil, chaque bonjour, chaque au revoir est chaleureux et vrai. Chacune de mes visites est comme une promenade dans un pré : j'observe le naturel des jolies plantes, suis à l'abri du quotidien pendant un court instant en attendant le prochain.

fév 26, 2008

Valériane

Rentrer dans une pièce, renoncer au gris-bleu du jour, prendre patience en comptant les heures, réfléchir à taire ce qu'on a à dire. S'asseoir à une table, taper du pied et ne plus écouter, mais bien faire semblant. L'air captivé des moments absorbés par une douce réalité, inconnue au plus grand nombre, et puis après. Le coeur, le cou, tout entier être gonflé de cet absurde sentiment que la fin de la journée n'arrivera jamais. Une libération, en quelques explications bien pensées, tendrement formulées. Enlacer la petite qui tremble, calmer le tank qui gronde. En un moment précieux, rare et imbécile parce qu'il est trop peu, en cet instant hors du commun où parler est une nécessité, lâcher comme on peut les tristes remords, les anxiétés, les envies les colères mélangées : trouver face à soi quelqu'un - comme quand on dit "C'est quelqu'un" - alors se battre à l'intérieur contre le vacarme des filles au bord des larmes : écoutez, elles se taisent, on dirait qu'elles ont trouvé une voix qui les apaisent. C'est un mouvement, c'est une naissance. C'est une force qui s'avance.

Il est arrivé en trombe

Il a dit bonjour et du même souffle ça ne va pas. Elle a cartonné la bagnole : en trois jours, deux fois. Elle veut s'inscrire à des cours de moto. Elle lui en veut d'avoir l'air d'attendre, alors il le cache et cherche ses mots.

And the winner is

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Arno, Yann, Stéphane

Quelques noms s'accumulent. C'est de pire en pire comme c'est de mieux en mieux. Ca chauffe, ça bout, y'aura bientôt plus personne pour éteindre l'incendie. Une douche froide en passant, ou bien de la valériane ? Y'a du retard dans le reste, et du pain sur la planche. Se lever quand on peut, dormir pareil. Ne prendre le temps qu'on doit que quand on peut. Le sommeil quand il manque pique et cerne, travaille, muscle, étire trop peu. L'oreiller appelle. Ne pas savoir fermer l'oeil quand on a le soleil dans les yeux. Le bonheur en ray-ban, découvrir le regard gris-bleu, amoureux. 

Même pas des minutes

Quelques secondes à peine et espérer déjà.

A la prochaine fois

Il suffit d'un instant dans le noir pour que la rage disparaisse. Puis il s'en va et tout sera à refaire, le manque, la peine, le temps, la soi-disant sagesse d'un biscuit chinois, et la colère refermera la cage, les cent pas, se ruer dans les barreaux en perdant de vue cette image d'un loup qui sort du bois.

Le courage des hommes

Ne perds pas de temps, ces mots sont bleus

Il avait mal au crâne, devait aller à la mairie, ménager, aller au concert, se soigner de ses maladies, repousser, boire un pot, bosser, se reposer, avoir peur de blesser, jouer aux cartes, attendre qu'elle soit d'attaque, chercher un logement, lire une histoire, réserver pour le ski. Trop de choses en somme pour se poser. Puis, en dehors de la ligne droite, on dirait qu'il a trouvé. Respect.


podcast
 

Keep going

Les jolies images, les beaux souvenirs. Tes sourires et tes oreilles, quand tu écoutais une musique dont tu as sûrement dit du mal, les dents exposées, la banane. Les belles couleurs, quelques recadrages, au milieu du reste, des point doc, des point php, ce qui réunit, ce qui force l'union. Pas de lien dans les répertoires 04,05,06,07. Les temps déjà finis, un tee-shirt trop court, une paire de baskets. Et quelques moustaches. Des coussins dans les tiroirs, des discussions au placard. Trois chats, des escaliers, des vacances à Rome et pas de bataille. Que de larmes et de beaux visages, de Maidstone en Grupo sportivo à Berlin pris en filature. Quelques autos au départ du Verschu. Des amis et des camarades, quelques flambeaux pour Joëlle, morte elle aussi, morte aujourd'hui. La libération de Bahar, toi qui pense que je vais travailler tard. Un profil avant Hulk, devenus les Anges, une épaule en jaune, Hema qui se penche, prendre les baguettes et nourrir de foie. Quelques années à fouiller pour trouver une image d'aujourd'hui, tomber sur une vie terminée, piocher et oublier.

fév 25, 2008

Direct à 3min17

Cours mon garçon, cours.

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