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jun 04, 2008

De tout à rien et l'inverse

Les meubles sans papiers, pas un mot sur ce mauve, et la musique qu'on aime. Du temps retrouvé sauf pour. Pas pour tout. Rien ne s'installe dans le panier à linge : ni habitude ni rythme. Les jetons restants disparaissent toujours, il faut de la monnaie, les finances vont et viennent comme les petites cuillères. Les soirs dégagés, moins de bras de fer. Les défaillances qu'on sait, pas de repas, encore moins de dessert. Marcher sur le bord du pantalon devenu trop grand. La petite demande quel âge on a, on sait juste qu'on a passé les trente ans. Arrêter de compter mais toujours pleurer devant les ogres. Une caresse le matin, un bonsoir de trop près. Ne pas être présenté pendant qu'il frôle de tout son long. Mais ne rien demander car quand on commence, après on demande tout. Casser les attentes, accepter les doutes. Casser les attentes, accepter d'être en faute : de tout à rien. Grandir dans un espace dont chaque recoin est connu mais pas maîtrisé. Occuper chaque lieu, aimer chaque endroit. Aimer vraiment chaque mur, chaque planche, chaque lumière du jour et de la nuit. Reconnaître les bruits des voisins. Se demander de quoi sera fait demain. Libre. Flou. Ce qui reste de l'impossible. Il y a ce soir un moteur et le claquement d'un capot. Il est tard mais moins tard, les gens dorment pour la plupart. On pourrait se faire signe par la fenêtre, je ne sais pas si c'est une femme, un homme, quelqu'un de jeune ou d'âgé. Les histoires en bord de fenêtre qu'on peut se raconter. Il y a eu vers 19h un repas aux chandelles. Un homme amoureux qui attendait sa belle. Les premiers jours, les premières semaines. Les mêmes doutes, la suffocation : au moment où il est trop tard que ressent-on ?
Et puis, il y a Faire. Le passage à l'acte, le regard incertain. Comme ces vieux dont il parle et qui ont pris leur retraite. La dame gênée au supermarché. Les larmes d'adulte qui pointent le bout du nez : on entend, on choisit, que faisons-nous. Chaque jour un peu plus, chaque jour un peu moins pour qui. Reconstruire autour, mettre à jour le décor : vider, prendre le temps de vieillir, faire confiance à ce qu'on est. C'était bien tout qui reposait sur ailleurs, et quand arrive la fatigue : plus rien. C'est de soi-même qu'on va dormir enfin.

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Commentaires

Le lendemain matin,
après une nuit brève, mais de rêves remplie,
Il reste le chemin,
entre dire et faire, au bout de la nuit
ce qui est décidé, sera.

Ecrit par : louloup | jun 05, 2008

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