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jun 19, 2008

Remember the 5th of june

Ils n'ont pas fouillé le sac sur le palier, j'aurais pu y stocker de dangereux pétards pour le mariage d'un ami, ou bien les subversifs ouvrages édités sur le socialisme, le marxisme, le communisme... J'aurais pu y cacher un attentat, une organisation, une camionnette remplie de tracts : on ne sait jamais quel foutoir les filles mettent dans leurs sacs. Mais ils ne l'ont pas fouillé. Il y avait de la terre, de la brique. Les gravas des travaux de mon appart que je n'ai pas virés parce que j'étais trop feignasse. Je suis donc bien placée pour les comprendre : on a tous le droit d'être découragés face à la crasse. La seule différence c'est que je ne suis payée que par mon contentement quand je fais le nettoyage. Eux sont payés par mes impôts.

Ils ont fouillé mes étagères, l'intérieur de mes cadres : ils n'ont pas trouvé ma seule arme : ce en quoi je crois, qui je suis.
Si ils lisent ceci, ils ne comprennent pas. C'est bien dommage de laisser entre les mains d'ignorants la sûreté de notre Etat. Moi qui n'ai pas de culture encyclopédique, j'ai appris l'essentiel : on ne doit pas se contenter de penser, on doit agir pour rendre ce qui nous entoure meilleur. Les bougies sur l'appui d'une fenêtre ne me rendront pas mes amis emprisonnés. Le simple fait de lire les journaux, même les honnêtes, ne feront pas en sorte que la liberté soit rendue à des gens qui ont travaillé à améliorer le score en terme de progès social. Les commentaires venus du balcon ne suffisent pas : des lois liberticides ont été votées pour lutter contre les "terroristes", elles sont injustes, floues, dangereuses. Ils ne doivent pas se servir du 5 juin pour créer une juridprudence : tous doivent sortir !

Tous dehors le 21 juin, pour manifester notre soutien aux camarades, et dire haut et fort : Libérez-les !

 

Et la veille au  soir, un bon petit film :

 



 

 

jun 18, 2008

2 hommes

Il n'a pas eu le moindre signe depuis 4 jours. Rien. Seul. Que des slips : pas de fringues, pas d'appel, rien. Deux avocats : pas de signe. Et on appelle. Et on se demande : est-il seul en cellule ? Peut-il avoir du courrier ? A-t-il reçu de l'argent ? Ca l'énerve. Dans une autre langue probablement. Quand on habite depuis si longtempsun pays dont la langue est autre  : est-ce qu'on s'énerve dans la langue maternelle ou dans la langue du pays choisi ? Il est libéré. Il est libérable. Il est en préventive. Par défaut. Et doit faire la preuve de son innocence depuis sa cellule, où personne ne peut le voir. On vient d'apprendre que quand la famille ou l'épouse est à l'étranger,  un détenu peut venir au nom de la famille.
Il aura fallu 11 jours pour qu'on nous le dise. Et de toutes façons, la juge a levé les restrictions, mais la prison a décidé que c'était pas la bonne manière de faire.

Il est en grève de la faim. Encore.  Il est en faute pour sa conditionnelle : il ne pouvait pas être en contact avec des détenus ou ex-détenus. Alors pour qu'il n'en voie pas, on l'a mis en prison, où ça se fait rare...
Bien sûr, si il sort et qu'un voyou au casier judiciaire vierge essaie de le faire plonger dans du banditisme, il pourra lui parler.
Mais des gens qui militent pour la solidarité : non. Que serait-il devenu si il n'avait pas croisé le dangereux progressiste ? Probablement qu'il aurait pas fait ce chemin, probablement qu'il serait la personne dont les journaux ont parlé.

 

jun 12, 2008

Une semaine après

Il était politisé déjà, un peu de force : toute sa famille était prolo, et consciente de l'être. Après il a fait des conneries. Genre "ben oui, faut bien gagner sa vie". Puis il a compris. Alors il a construit des liens. Alors il a vécu comme nous tous : en famille, en couple, avec des amis, des voyages, des lectures, des pots qu'on boit entre amis. Il a même personnalisé des couvertures de Martine avec des communisteries : il en a bien ri. Et moi aussi, ça m'a fait rire : Martine lit Le capital, Martine écrit une lettre au Che. On riait ici, face à l'ordi. On se disait qu'on en ferait un tee-shirt pour faire marrer les potes. Il a milité pour une solidarité internationale, en allant à des manifs, à des meetings. Il a été arrêté, puis libéré. Puis ils veulent quand même le garder.
Mais bien sûr, la presse n'en parlera pas.

Il était un jeune prolo mais pas politisé du tout. Il a bien déconné quand il était ado : il a joué au gangster. Alors que la prison fabrique des malades, des drogués, ou des vandales aguerris : lui a choisi de s'ouvrir au monde et de faire son chemin vers les autres. Il s'est politisé en prison, il est devenu progressiste, il a lu, il a étudié, fait attention à décoder les médias, suivi des cours. Puis il est sorti de taule.
Il a demandé à pouvoir aller à des réunions d'une organisation légale : on lui a refusé. Il a été têtu. Parce que aujourd'hui, c'est un homme qui a fini de faire des conneries, et qu'il préfère de loin être solidaire à être un gangster. Ca n'a pas plu à l'Etat. Aujourd'hui, il est en grève de la faim depuis 5 jours.
Mais bien sûr, la presse n'en parlera pas.

Elle a fait son boulot, elle travaille pour un média qui n'a pas la même ligne qu'elle : mais elle respecte le cadre. Elle ne demande pas à ses collègues si ils sont de gauche, de droite ou d'extrême droite. A priori toutes les tendances sont acceptées. Sauf que. On lui demande des comptes : pourquoi de gauche ? Elle remet les choses à leur place, elle bosse correctement et c'est tout. Elle a une vie, elle a une vision du monde. Son boss prend des mesures administratives "légales". Légal comme dans "organisation légale". Elle est en taule. Elle est libérée après enquête : que du vent. Mais ils font appel. Son boss parlera-t-il de la réintégrer ? L'administratif légal qui pousse dehors est bien pratique. A-t-elle son boulot en sortant ? Pas de déclaration d'intention chez l'employeur.
Mais bien sûr, la presse n'en parlera pas.

Il se rend de lui-même, pour que sa femme ne soit pas dérangée. Il y va. Il avait remis tous les papiers il y a des années. Le formulaire bleu, le rose, le vert, en douze exemplaires. Des témoignages : les voisins, les patrons, les amis, les collègues. A chaque étape, de nouveau une demande. Il fait tout pour s'intégrer. Il a porté les rouleaux de laine de roche pour mon toit. Il a fait le déménagement d'un membre de ma famille. Il est l'image pour moi de la sécurité. J'aimerais l'avoir dans la rue le soir près de moi : il est juste, posé et solide. Il se rend ce jour-là. Il a été libéré. Mais ils veulent le garder.Il parle encore mal le français, j'espère qu'il aura un traducteur.
Mais bien sûr, la presse n'en parlera pas.

Il a changé ma vision du monde. Il m'a appris le sens des mots dont des gens rient : comme camarade. Comme dans "Quand j'ai été enlevée jeudi dernier, mes camarades ont cherché à me joindre dès 6h du matin, me trouver, me donner un avocat, contacter ma famille". Il m'a fait chier à vouloir plus de rouge ici, et moins de vert là. Il a changé le bac du chat. Il s'est tapé des vacances que je finirais par regretter. Il m'a donné envie de le frapper des fois : j'aime Baricco et je t'emmerde ! Ils l'ont traité n'importe comment. Ils disent "il est gentil", "il est fort, ne t'inquiète pas". Ils disent que c'est normal tout ça. Mais ça ne l'est pas. Il n'est harneux que quand l'imprimante cale, il travaille tout le temps, mais souvent pour les autres. Il est têtu, mais il est droit. Et quand il parle, il ne dit pas ce qu'il ne pense pas.
C'est si simple que c'en est désarmant : il exprime les choses trop franchement parce que si c'est comme ça, c'est comme ça.
Mais bien sûr, la presse n'en parlera pas.

Moi, j'ai juste une image et des bruits. L'échaffaudage qui tremble,  des lampes en bas, et une arme braquée sur moi. Vite compris. Souvenir des images de torture en Espagne : je connais un bout du pire qui peut arriver. Plus tard, j'entends des noms à la radio néérlandophone chez eux : je commence à craindre le pire. J'ai vu comment ils s'y sont pris il y a 20 ans, j'ai vu aussi ces dernières années : on parle, on négocie, on finit par voir les mensonges à la télé. Je sais le sensationnel. Je sais le mensonge. Je sais la lâcheté des médias. Alors j'ai peur : peur que ça devienne du n'importe quoi, et moi je suis là et je suis bloquée. Sans nouvelles. Sans information. On ne m'accuse de rien mais on me pose des questions. On me laisse partir 11 heures après. Sans me présenter d'excuses ni sur la forme ni sur le fond. Sans regretter "Ils font leur travail". Et hier, un de mes proches m'a dit : faut arrêter avec ces âneries. L'indifférence, l'oubli.
Il y a une semaine je dormais.
Dans 2h, ma maison est occupée par des exécutants qui ont le pouvoir de me surveiller (ils demandent "Avez-vous un blog sur lequel vous exprimez vos idées?"), me "terroriser", prendre chez moi ce qu'ils veulent.  Et confirmer ce que je sais : je n'ai aucun recours face à ça.

Les lois anti-terroristes privent les filles de leurs chats.
Les lois anti-terroristes sont un danger pour les droits humains les plus fondamentaux.
Les méthodes particulières de recherche sont la porte ouverte à toutes les dérives et à tous les abus.

Ils faut qu'ils sortent !

www.secoursrouge.org 

jun 10, 2008

Avez-vous

Avez-vous un blog sur lequel vous exprimez vos idées ?
Avez-vous une idée de ce qu'on entend par "Tout va bien ?"

5 nuits.
Tout va bien : ici les draps sont changés.

Avez-vous  un surnom ?
Je n'y avais même pas pensé.

jun 08, 2008

Comme dans mon rêve

Nécessaire de dire et redire :

Le Secours Rouge APAPC existe légalement depuis 25 ans. Il a été créé par les amis et la famille de prisonniers politiques.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec ce qu'a fait un prisonnier pour refuser la manière dont on l'emmène, dont on le traite
(3ans à l'isolement, dont une année où on ne peut rien voir, rien lire, rien entendre, rien dire)
Il ne faut pas être terroriste pour refuser l'injustice de certaines méthodes : il faut être humain, et avoir un jugement critique, être une personne libre et pas formatée.

Je ne suis pas un danger. Je suis solidaire des gens qui sont détenus pour leur idées, leurs idées sociales et antifascistes.

Refusons que l'emprisonnement soit la norme : demandons des méthodes correctes d'investigation, réclamons à la presse qu'elle cesse ses mensonges qui ne font qu'encourager la criminalisation des actions de solidarité : combien de fois faudra-t-il accepter que l'on enferme des gens sur des présomptions, que l'on ferme des canaux de communication parce qu'ils sont axés sur une action sociale et politique ?

Libérons-les !
Soutenons-les !

Un dessin, un message, un mot de soutien, un signe de solidarité : tout est le bienvenu.

 

jun 07, 2008

VIRGINE TRAVAILLE SUR CA:

Secours Rouge/APAC

!!SOUTENEZ-LES!!

!!LIBERONS-LES!! 

RASSEMBLEMENT

ce samedi 07 juin 2008 / 18h00
Devant la prison de Berkendael
44 rue Berkendael - B-1190 Bruxelles

jun 04, 2008

De tout à rien et l'inverse

Les meubles sans papiers, pas un mot sur ce mauve, et la musique qu'on aime. Du temps retrouvé sauf pour. Pas pour tout. Rien ne s'installe dans le panier à linge : ni habitude ni rythme. Les jetons restants disparaissent toujours, il faut de la monnaie, les finances vont et viennent comme les petites cuillères. Les soirs dégagés, moins de bras de fer. Les défaillances qu'on sait, pas de repas, encore moins de dessert. Marcher sur le bord du pantalon devenu trop grand. La petite demande quel âge on a, on sait juste qu'on a passé les trente ans. Arrêter de compter mais toujours pleurer devant les ogres. Une caresse le matin, un bonsoir de trop près. Ne pas être présenté pendant qu'il frôle de tout son long. Mais ne rien demander car quand on commence, après on demande tout. Casser les attentes, accepter les doutes. Casser les attentes, accepter d'être en faute : de tout à rien. Grandir dans un espace dont chaque recoin est connu mais pas maîtrisé. Occuper chaque lieu, aimer chaque endroit. Aimer vraiment chaque mur, chaque planche, chaque lumière du jour et de la nuit. Reconnaître les bruits des voisins. Se demander de quoi sera fait demain. Libre. Flou. Ce qui reste de l'impossible. Il y a ce soir un moteur et le claquement d'un capot. Il est tard mais moins tard, les gens dorment pour la plupart. On pourrait se faire signe par la fenêtre, je ne sais pas si c'est une femme, un homme, quelqu'un de jeune ou d'âgé. Les histoires en bord de fenêtre qu'on peut se raconter. Il y a eu vers 19h un repas aux chandelles. Un homme amoureux qui attendait sa belle. Les premiers jours, les premières semaines. Les mêmes doutes, la suffocation : au moment où il est trop tard que ressent-on ?
Et puis, il y a Faire. Le passage à l'acte, le regard incertain. Comme ces vieux dont il parle et qui ont pris leur retraite. La dame gênée au supermarché. Les larmes d'adulte qui pointent le bout du nez : on entend, on choisit, que faisons-nous. Chaque jour un peu plus, chaque jour un peu moins pour qui. Reconstruire autour, mettre à jour le décor : vider, prendre le temps de vieillir, faire confiance à ce qu'on est. C'était bien tout qui reposait sur ailleurs, et quand arrive la fatigue : plus rien. C'est de soi-même qu'on va dormir enfin.

Ce matin

Les gens du marché avaient déballé, et par la fenêtre d'un voiture qui n'a pas klaxonné, on entendait I got you babe.
L'envie dans ces moments-là, comme dans le film, de toujours se réveiller à cet instant précis : reprendre le cours du temps sur une chanson courte, retrouver les habitudes du quartier inchangées, pouvoir dire le prix du tee-shirt moche aux coutures mal finies, savoir que le bagagiste est ouvert, et qu'à 18h, Mouss sera en terrasse, mais pas déjà.
Au retour, le soir, tourner la tête pour voir Parfait. Croiser le râleur en chaise électrique. Se demander si le phone-shop est fermé.
Et tourner là où la musique a commencé.

 

jun 02, 2008

Des nouvelles du front

Fatalité 0 - Appartement 1

Gaëtan a trouvé un bec de 30cm.
Autant pour les travaux qui font chier : au moins ça coulera plus sur le bois du pétrin.
Voilà ce qui arrive aux dettes de 25ans : y'a un moment où la communauté est plus forte.
Bien fait !

jun 01, 2008

Commentaires

Bon, ben puisque j'ai en commentaire un truc qui n'a rien à voir avec le sujet, mais que bon, apparemment, la personne a des choses à dire : je transmets ce message laissé par Le fermier bleu :

Ce matin en cliquant sur http://www.lafermeenville.fr ce que j'ai appris sur les pesticides a changé ma vie.
C'est décidé, je me mets à la bière bio.

 

voilà, voilà.
Chaque chose à sa place, et les vaches seront bien gardées.

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