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jui 12, 2008

Tu as eu raison

C'est au moment où s'envolent que blessent ; de petites peurs en gros chagrins ; de la retenue que l'on doit avoir au moment où l'on percute : de fausses routes, de faux soucis ; de faux choix. Perplexe. Une envie, comme un cri au loin, arrive, murmure. Il est trop tard, il le sera, pourvu que non, je ne sais pas. Demander des mois, faire silence par ailleurs. La rage qui revient au milieu du brouillard : l'hiver en juin, l'erreur de climat. Pas de Bashung, surtout, pas de Bashung. Ne conserver de maux que pour les barreaux, oublier soi, remettre soi à dans des mois. Laisser venir. Savoir qui est venu, se demander si il partira. Non pas de choix pour que le mauvais n'existe pas. Même si ne rien faire en est un.
Je retire mes billes et ferai taire les rumeurs du Parvis, je retire mon coeur et laisserai faire la vie.
Sans moi, pour une semaine, un mois ou le temps qu'il faudra.
Temps gris sur les pays ombrageux. Ces mots comme les pensées qui endorment sont bleus. Ses plumes sont le prix à payer. Droite face au mur. Le champs de bataille a atteint les limites des élans courageux.
Ne dis rien, sache juste que je n'en pense pas moins. 

jui 10, 2008

Et pourtant je ne suis pas communiste

Il a appelé et a dit "Vous" "Je ferai de mon mieux" "Ah oui, c'est une bonne idée" "Ca ira?" "Je peux rien vous garantir, je suis désolé". Il est poli et désolé. Et comme à chaque fois, depuis le 5 juin, mon attitude est la même : maman m'a bien élevée. Leurs airs de "Je serai chez moi pendant que vous serez ici" : à quand la prochaine fois ? Une belle serrure, un beau verrou. Un truc en fer qui résiste aux béliers. Qu'ils s'arrachent l'épaule à cette maison qui est la mienne. Peu m'importe les ondes qu'ils laissent traîner. Il a dit vendredi, et j'ai dit oui.
Puis avec Robert : "Je passe après toi, il m'a demandé de te laisser le temps". Ils me laisseront le temps. De quoi ? Sortir de prison pour aller à la police, voilà un circuit peu banal. Mais il a dit "Je ferai de mon mieux" et je le crois. Alors peut-être que vendredi soir, des objets arriveront ici qui devront être donnés. Parce que leurs mains se seront posées dessus, et que ça a tout sali. Si je pouvais changer les escaliers je le ferais. Bientôt le 24, son anniversaire. Et d'autres en vacances. C'est comment un annif en taule ?

Il a parlé avec les autres : un disait qu'il avait acheté un perco. Il a dit : j'attends avant de m'installer, si je dois rester j'investirai. Et puis il sont déconné : Et je mettrai des rideaux aux fenêtres, et des géraniums aux appuis de fenêtre, et...

Ils ont ri parce que il n'est pas seul : ils sont nombreux à penser en semaines, en mois, en années.

Et moi, pendant ce temps, je récupérerai une clé USB ou un fichier. Et le lendemain, le ciel de Saint-Gilles sera bleu même si de fait, il ne peut pas le voir parce qu'un mur est à 30 cm de sa fenêtre grillagée.

On en parlera encore, on devra être nombreux, on devra être résistants et déterminés.

Et Brecht avait raison : quand ils sont venus pour moi... Quand ils sont venus pour moi, les camarades étaient là.


Il a dit "Vendredi, j'espère pouvoir vous rendre un maximum de ce qui vous a été pris, mais votre ordinateur, c'est peu probable"
Tout ce qui reste après leurs raffles, ce sont les idées.
Et les idées, monsieur Creedy...

Elle a pu le voir aujourd'hui : elle a dit qu'il était déçu que ce soit pas moi, mais qu'il ne l'avait pas dit : il est poli et elle aussi.
Alors elle a parlé de sa barbe : ça y est, il est barbu. Et ses boucles ont poussé.
Et coup de chance : il n'a pas acheté de tondeuse, il ne pourra donc pas se rater  en faisant des trous dans sa chevelure.

On était 6 ce matin-là, ne reste plus que lui à sortir de là.

Et aucune excuse ?
Non.
Et aucun remboursement pour les jours de travail perdus ?
Non.
Et aucun dommage pour avoir retenu des gens innocents ?
Non.

Mais il a dit vendredi, et qu'il ferait de son mieux. Et je le crois sincère.

C'est tout ce qu'ils ont : la sincérité. Ni la conviction, ni les idées, ni la compréhension, ni le sens des responsabilités.
Pas la moindre envie de démissionner : Non. Que de la sincérité. Hitler aussi était sincère.

Il y a 40 ans, même plus, des graphistes ont créé un manifeste :

First things first. (L'important d'abord)

Ils s'engageaient à ne mettre leur talent qu'au service de choses justes.
Rick Poynor et d'autres ont ressorti le manifeste en 2000.

First things first :  la sincérité n'est pas un critère de qualité : la conscience, seule, sert.

Il a dit vendredi, il fera de son mieux et je le crois sincère. Je pense que si j'étais fasciste, il m'aurait traitée avec la même amabilité. 

jui 08, 2008

Tu as vu dehors

Il a plu 9 fois aujourd'hui,
la première fois dans un verre d'eau, puis les marches du bureau.
On regardait le même ciel, il soupirait, il a dit "ça va?"
Comme dans "je te paie pour tout le mois, ça va?".
Puis on a démarré, les cartes ne passaient pas dans le distributeur,
et Julien a parlé aux Français.
Il sait y faire, il prend les détours, il arrondit.
On a ri avec l'homme en bleu :
"Je leur ai dit que si, ils m'ont dit que non, alors j'ai dit que vous saviez mieux qu'eux".

Hier, derrière les lunettes noires, on cherchait qui nous suivait : ça pouvait être le gars en chemise bleue, ça pouvait être le gars en tee-shirt noir. Puis bizarre, à la gare, la maman et son bébé au visage si fin.
Je remonte dans le temps. Il a plu 9 fois aujourd'hui, le téléphone a sonné, le téléphone a sonné, le téléphone sonna.
On a regardé Chabat. Ca tourne dans mon estomac : les tomates ou la nuit, la fatigue ou l'ennui.
Chercher les phrases qui m'auraient fait comprendre, ne plus savoir si c'est un bon exemple.
Il dit Je suis à Match. Et je pense aux mariages princiers. On est loin de la caméra, on est loin de tout.

Mes yeux se ferment sans une goutte d'eau.
Demain si il fait beau je serai une fille, en robe longue, avec des cernes un peu. Avec un ou deux amoureux.

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