09.12.2008
Le tissu posé
Quelque part dans les punaises et les draps posés : un morceau d'étudiant, qui bricole quand il fait noir et que ses parents dorment, qui fait de son kot une deusième maison, qui vit là jusqu'au jour où il y habitera - quelque part dans les punaises et les draps posés à la verticale sur les armoires chargées, un bout de moi.
On regarde, je retiens mon souffle. Il ne vivrait que dans des surfaces blanches si il y vivait seul. Seulement voilà, ici c'est aussi chez moi.
il n'a rien dit, juste un peu, allez, presque une phrase. On n'a besoin de peu pour s'entendre quand on est à deux à se comprendre. Lui le trop, moi le besoin. Et s'il ramène un autre tissu, sans fleurs, sans madone, sans orange : on échangera.
J'ai dans ma maison d'étudiante un homme qui a mis une bague à mon doigt. Il laisse filer les décos improvisées pour cacher mes draps, il file, fonce dans tout, surtout les choses qui ne devaient pas traîner là. Il soupirait et me laisse maintenant respirer, le vent qui s'engouffre entre l'armoire et le tissu qui y est posé.
09:19 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (0)


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