27.12.2008
Dans un camp
Et revoilà le coup de sang, il n'arrive qu'au moment de sommeil. Pris au coin de nulle part, presque à un comptoir. Là où ça ne compte pas, là où on ne fait rien. Ceux qui parlent de lettres en étalent beaucoup, mais ne feront pas sortir mon homme le jour où.
Pas de conscience de classe, et la paix à tout prix.
Le jour où les allemands reviennent, préparez-leur du café, des gâteaux : surtout pas de violence.
On ne s'adapte jamais mieux au barbare que dans le silence.
16:22 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (3)
sortir Adieux
Je cours vers Alain, en retard bien sûr, après l'échange avec Richard, et je croise Lucien.
Tout ceci serait banal si je n'avais parlé à Robert du papa littéraire le matin même.
Richard pousse encore Valentin, s'inquiète de mon silence et tandis que je vais à mon rendez-vous, je reconnais un dos, une casquette : Tonton.
Il marche bien entendu avec une jolie jeune femme, et il lui demande de sortir le livre qu'il vient de lui offrir.
Adieux.
J'avais oublié.
J'oublie toujours.
Adieux, Anthologie, Escales d'automne, Poète toi-même, Pointillés, et Valentin.
Avant eux J'habite chez moi, Einstellung, A2.
La compilation.
Je suis encore foutue d'en oublier un. (Patte blanche) (Les contes de Noël) (et dernièrement Dial Avenue, qui a un an)
Elle me montre le livre et je le feuillette. Je me dis que c'est beau, tandis que lui, il lui dit elle a un don. Et puis je cours vers Alain.
On termine devant un Chicken Karma, parler des profs de l'ERG qui apprennent le Moma à leurs élèves sans donner les sources.
Pitoyable. Ca a changé. J'ai eu de la chance, j'ai eu Alain, Annick, Renard...
Donc ce soir une jolie jeune femme a reçu Adieux, a touché le papier que j'avais choisi, mes photos.
Mains en noir et blanc, jambes, poitrine.
Et je cherche un travail alors que celui-là attend ou est poussé par d'autres que moi.
Voilà. C'est con de se dire aurevoir à soi, et de se retrouver par mail avant un rendez-vous, ou en croisant sur le Parvis quelqu'un qui vous appelle Chouchou.
(Et de fait : Ana Wa anta)
00:09 | Lien permanent | Commentaires (2)
26.12.2008
Se griffe
Il me dit rouge jusqu'au bout des doigts. C'est pourtant davantage prune, limite chocolat. Peu importe : c'est dans le regard d'ailleurs que les fautes aparaissent. On est au bar et j'entends le cri d'Héma. Je rêve, alors que je vois le chocolat qui tape, les enveloppes se ferment, les fichiers rangés. Les fardes se déploient. J'ai oublié ma bague dans la salle-de-bains, je le savais, je le savais, je le savais. Moi si on me laisse merder, ça ne rate pas. Il voit le rouge, qui est plutôt noirâtre. On a démissionné quelque part dans ma force. Comme amputée de fiançailles, de ma troupe, de travail. Provisoire certainement comme une journée qui a une fin. Rien de ce qui se passe ici n'est grave. Il n'y a que l'espoir de petits mieux et des problèmes de luxe qui montrent qu'on est toujours au moins deux.
Il regarde mes doigts, se trompe. Comme d'autres, comme chaque fois. J'ai de courts ongles bruns pas lisses, marqués. On laisse sécher, ça ne suffit jamais. Il n'y a qu'en ne faisant rien qu'on ne se trompe pas.
Etre heureuse des erreurs provoquées car elles existent de ce qu'on a. J'ai de petites griffes imparfaites, qui vont s'écailler. Demain Daniel revient et je retrouve ma bague : de petits objectifs de santé, de petits espoirs qui soulignent nos victoires en creux : tout ce qu'on a gagné.
09:48 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (0)
24.12.2008
Salut 22
Salut préposé,
Alors : quoi de neuf ? Tu as vu les nouvelles de Grèce, pas bonnes hein ? C'est emmerdant, hein. Ca fait flipper.
Je voulais te saluer pour la Noël, tu sais cette fête où on est tous frères, on s'excuse mutuellement, tralala. Ben oui, tu vois, je pense à toi.
C'est le premier Noël qu'on passe ensemble : enfin, le premier Noël où je suis au courant qu'on est ensemble, donc voilà, je voulais te souhaiter beaucoup de succès dans ta carrière.
Ici, tu n'es pardonné de rien : ni de ne pas connaître Aragon, ni de ne pas distinguer une gravure du 18è d'un plan de bataille, ni de tes armes, introduites chez moi sans mon accord ni mon approbation, ni de mélanger ETA et Entreprise de Travail Adapté, ou le resto italien du coin avec un gang mafieux.
Toutes tes bêtises ne valent ni ton salaire ni celui que tu as fait perdre aux gens que tu as braqué. Mais c'est ainsi.
Je ne te souhaite donc rien que ta vie imbécile, décorée, gradée, fière et bien virile.
Joyeux Noël, donc, préposé.
09:30 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (2)
23.12.2008
Chipoter
On ne chipote pas un ordi, on ne chipote pas un boulot. On ne tourne pas ses mèches de cheveux, on ne badine pas avec le sérieux. On doit tout faire en entier, comme un enfant qui joue. On doit mesurer l'importance d'une tâche, d'uen responsabilité, du ton de sa voix. Et depuis quelques jorus voir la main et attendre. Elle se pose, et c'est comme si quelque chose. Sûrement que non, mais j'y pense. Parfois peur, parfois contente, parfois je sais pas. Onne chipote pas avec les espérances, on vérifie. Ou pas.
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22.12.2008
de l'air
Chez une rousse dans l'herbe, la brume dans le jardin et des cris près du sapin. Quelques verres et des félicitations : les bagues qui brillent, parler de ma mère, oublier le travail. Il dit oui pour une nuit, c'est lui prendre du temps. Il dit oui pour uen nuit, le besoin d'air, de famille, de se mettre loin. On verra le chat, les travaux, peut-être la neige. On prendra train, voiture, sac, livre, et du retard. On ira faire ce pour quoi les soeurs sont faites : se voir, s'embrasser, se dire qu'on s'aime et bonne année.
09:34 | Lien permanent | Commentaires (0)
21.12.2008
De l'urgent
On posera les verres et on discutera. il y aura des changements, on anticipera. Le temps ne défile plus : on restructure. Pas comme chez Arcelor, pas comme chez les autres : ici c'est pour faire vivre. Et ce qu'on voudra alors sera décidé ensemble. Si l'un se fâche, l'autre pleure ou ne sait plus, le lien comblera le vide. Les beaux moments au sein d'une crise, les bons moments meilleurs pour tous. La chance d'un endroit comme ici. On fait au plus vite et au mieux entre belles rencontres.
15:31 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (2)
20.12.2008
Keira
Je ne sais pas qui passe que le temps ait gagné à la tristesse. Pas de regrets pour les armes au quotidien : ce que tu m'as donné est resté et désormais m'appartient. L'échange a eu du bon, il reste une dette trébuchante, et des photos de salle de bains. Il était souvent 5h du matin, on était lâches, on était bien. Aujourd'hui la Duchesse et la condition de la femme. Le bonheur des siècles qui nous éloignent du barbare, la douceur des mois qui nous éloignent de nos tares. On était des semi quelque chose et on a fait le chemin. On a bougé, changé de place. Dire merci n'est rien. Mais au le dire au moins.
Merci.
Et je la vois dans sa splendide robe. En-dessous les couches, les corsets, les noeuds, le silence lui-même presque étouffé. Etre heureuse d'avoir rencontré ceux qui nous ont fait avancer.
09:21 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (4)
19.12.2008
En rangeant
Quelques robes pas encore posées et le corps qui change. Le bruit d'un éternuement ou le rejet du soja : tout est un indice, tout renvoie aux deux lignes roses.
Quelques robes pas encore mises, et en profiter. La salive de Hugues sur ma chemise, passée sur un cintre, pas envie de laver.
Que des envies de signe. Et si les dents, et si les veines, et si les horreurs décrites dans la longue liste des symptômes. Puis, un bouton de fièvre, une gueule de trentenaire qui n’encaisse plus les courtes nuits. L’envie soudaine de revenir en arrière et d’assumer les jupes courtes ou les talons qu’on stocke. Des réflexes de fille dans une femme, des envies de femme pour une fille. Je ne suis pas encore une famille
09:17 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (5)
18.12.2008
Sauf si il appelle
Il a dit c'est bien, l'autre a dit ce serait une chance pour eux. La conviction d'un talent d'écrivain, la bienveillance dans une phrase à peine. Un chemin, des expériences, des signatures dans le froid de Lille, les larmes devant Lambert. Un passé sur un CV. Des pages difficiles à remplir. Le dégoût de ce qui se propage. Philby, Blake. Des mots à venir dans du fil et du papier. Envoyer. Espérer et attendre. Ecrire c'est attendre en souffrant moins il disait. Mais demain, peut-être ou sûrement : quelqu'un d'autre pour cette place. Et l'incroyable distance entre ce qu'on vaut et ce qu'on représente. On met des mots sur nos métiers, sur nos formations, notre carrière. On en met rarement sur nos espérances de peur de fâcher. On écrit l'insuffisance en creux. On paie un ticket de tram et un pensée vient. Puis la journée continue et un an a passé. Ca sera comme ça demain.
Il a dit c'est bien, a parlé de compiler. Je n'ai pas de force quand ce n'est pas dans un carnet. Je veux mon temps, ma classe, ma réalité. Je veux qu'on lise l'histoire heureuse des gens engagés. Philby, Blake. Le niveau en dessous. L'explication non justifiée de ce qui nous occupe tous. Un confort partagé, moins de nombrilisme. Moins de peur, moins de semi-mesures. Le courage de ce qu'on est, la chance de s'en rendre compte et le servir. Même si ceux qui l'ont théorisé ont fait souffir.
La légitimité d'une plume qui sert la majorité.
09:05 | Lien permanent | Commentaires (0)