27.03.2009
Le flic a dit
28 jours de grève de la faim, pour les occupants sans-papiers de l'ULB.
28 jours et quelques bouteilles d'eau.
150 ordonnances qu'ils ne pourront jamais aller acheter.
Des flics devant la salle parce qu'ils viennent d'être agressés.
Les vigiles de l'université ne couvrent pas cette zone du site.
Pas de médecin.
Pas de journaliste.
Rien.
Juste nous, grassouillets, comme des cons.
Avec nos réflexes de poings levés en se disant aurevoir,
après quelques heures passées avec eux à récolter leurs témoignages.
Les pauvres.
Les journalistes ne veulent pas de nous non plus. Où relayer ?
Où dire que depuis 5 mois ils sont là
et que si le gouvernement ne fait rien : ils vont crever.
300 personnes vont crever. A l'université libre de Bruxelles.
300 personnes : hommes, femmes, enfants.
Après avoir été agressés, ils étaient sous le choc.
Presque un mois + ça, ça a donné deux malaises en une heure.
On appelle les ambulances. Au deuxième appel, le type à l'autre bout du fil
se plaint qu'on l'appelle deux fois en dix minutes.
Puis il se fout de la gueule de ma copine qui téléphone.
Voilà qu'arrive l'ambulance.
Les sans-papiers se poussent pour que j'avance.
Ils ont demandé qu'on filme, qu'on prenne des photos.
Le flic à côté de moi me regarde. Je filme l'intervention.
Il dit sur un ton parental à deux balles : C'est bien nécessaire de filmer ça ?
Je réponds : C'est nécessaire de parler de ce genre de situations, oui.
Silence.
C'est nécessaire, ducon, de parler de 300 personnes qui vont mourir
sur un site universitaire où la connaissance est supposée faire progresser l'Homme ?
Ils vont crever de faim, pour avoir des papiers.
Il me demande si c'est nécessaire de filmer.
Qui en parle ? Qui veut bien en parler ?
06:19 Publié dans Evey | Lien permanent | Commentaires (0)
Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://agota.hautetfort.com/trackback/2117228
Ecrire un commentaire