30.07.2009
La soupe
Se pincer
régulièrement
et entre deux
se dire
qu'on doit pas
gâcher.
Aïe.
Chut.
C'est malin.
Hein hein ?
18:00 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (2)
Le cadeau volé
C'est horrible ce qu'on sait, d'un geste simple, d'une définition. D'un moment de curiosité ou d'une attention. C'est horrible ces détails, servis trop rapidement : pas le temps de la faim que déjà on en apprend. C'est pas juste ces bouts des autres, jetés en pâture au plus croyant : ils se formalisent et en dessinent une vie. La magie de la découverte, les longues secondes, les silences. Le travail lent de la construction pour faire naître l'ensemble. Alors ce qu'untel ferait, ce qu'il choisirait : tout ça donné gratuitement, sans même exiger d'effort. C'est horrible, je sais, la marque d'une machine, quelques clubs à la ronde qui font sens parce que. (Et justement alors, moi j'aurais pu apprécier). Mais volés, pas confiés. C'est horrible ce que je sais qui aurait dû attendre une semaine, un mois ou une année. Mais que j'aurais au moins reçu avec beauté.
06:16 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (0)
26.07.2009
Là normalement qui tombe
La lumière du salon passe par la vitre : lumière faible, venant des quelques bougies étalées. En arrivant dans l'herbe, aucune sensation de froid ou d'humide : c'est une belle soirée d'été, dégagée. La Grande Ourse sourit, la casserole, là, puis à 5 fois la distance il y a de la soie. En poussant un peu le banc, on trouve quelques fleurs qui ont été écrasées, elle sont belles malgré tout. On voit chacun de leurs pétales. On entend à peine le déplacement des insectes, rares, et les voisins s'appellent : portes fermées au loin. Les arbres, le vieux chêne (Salut Jean-Luc), les racines, profondes dans la terre. Si on soulève le pull, on voit un peu de la terre. Elle est battue, elle ne demande rien d'autre qu'à rester là. Les heures passent et le ciel devient nuit. Un feu brûle les dernières gouttes, silencieusement. Au fond du jardin on ne voit rien. Peut-être qu'on devine déjà demain, mais c'est loin. On passe du café à l'intérieur, on prend un vêtement oublié là, pour rentrer, choisir l'électro. Revenir près du bois. C'est reparti, ça crépite, c'est reparti. En haut il y a un feu à l'âtre. Des petites voix parlent tout bas. Peu après, on voit sur la table la forme ronde du vin qui a coulé de la bouteille. Les gens sont sortis pour marcher dans la nuit. Ils font déjà demi-tour, demain approche. On voit les traces de boue dans ce salon où les bougies sont maintenant consumées. Il y a une bonne odeur de tout, de délire et de tranquilité. Une odeur qui attend, qui plane, qui va se blottir contre le plafond en attendant la prochaine occasion. Les demeures et leurs dépendances, désormais vides, mais qui ont été occupées : ces demeures-là ont la tendresse du bois. On les quitte en rêvant à les retrouver une autre fois.
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25.07.2009
Juste bien
Bruxelles. Le village. Les gens qui viennent là, à la maison. On couvre la table d'une nappe improvisée : le papier cadeau, transparent, des motifs fleuris dedans. Des pot qui s'ajoutent, des trucs à grignoter. Christophe et Nicolas en train de s'agiter. Le premier survole la salle, zigzague entre les tables, le deuxième fait tourner le bouchon au-dessus de son épaule : arrivée sur l'étagère. Les potes défilent, font des bisous. On a fait un feu d'artifice : qui ? On ne sait pas. La porte claque en bas. Et hier, en 5 heures, on a vidé ce bar de tout son vin blanc. Alain est là, Marie-Jo. Des jolis cadeaux, bien ciblés. Des 33 et du déca, des bonbons mous parce que il aime ça. Et Christophe offre une bouteille. Pointé. Et on se bat à coups de nounours, de glaçons, de menthe à l'eau. Momo est fatigué : parce que avec son marcel, quand il s'étire, on voit ses bras et il aime ça. Julie me dit A ta place, je pourrais pas. Y'a des fois où moi non plus, je peux pas. Y'a que les filles qui me disent ça. Les hommes, eux, le complimentent : je dois être un joli objet, à mes heures. Je fait Pff. Et puis ailleurs. On joue, et ça fait du bien. Puis, on se souvient que l'an dernier, finalement, c'était le pire. Fêter un anniversaire devant une prison, c'est pire. Il reçoit un tee-shirt orange. Huu. Il montre ses livres aux filles. Ben tiens. Dans une semaine, Olivier et Aude et la ville rose. J'ai un sursaut, toujours, d'amour pour ici quand je pars. On aime ce qu'on quitte, on n'aime jamais mieux les belles choses de ce qu'on avait choisi que lorsqu'on le quitte. Mais la page se tourne. J'ai l'impression qu'on vit tous une période heureuse, que ça restera dans nos vies : le Verschueren. Je crois profondément que tous ces gens sont de belles personnes. Et le plafond, les lampes, les chaises, les verres, les tableau, tout : tout ça crée la famille qu'on est ce soir. Il me dit :Tu es saoule. Je lui dis : Juste bien, comme je voudrais être tout le temps. Une espèce de Liar liar : la vérité sort à chaque tournant de conversation. On chante Pololompompom. Ay, Carmela. Barbara a une chemise d'un bleu comme ses parents. Bruxelles. Sans nos cons.
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On y est
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24.07.2009
l'Entre-Deux-Guerres
Un regard aimable et un billet, le signe d'une paix. En tout cas, une zone déclarée sans danger ni désir de conflit. Il montre son bras, sourit, fais un bisou et s'enfuit. Je ne sais pas par quel chemin il sépare les deux : peut-être n'y a-t-il pour lui aucun enjeu. Ou bien, celui d'être au boulot sans risque de reproche, peut-être simplement l'amitié qui s'accroche. Il va probablement passer l'air de rien, il boira un verre puis ira dormir, pour être en forme demain. Mais je ne sais pas qui compte vraiment, on peut rester philosophe, mais ça compte pourtant. J'ai reçu par personne interposée un billet. Ce billet c'est le signe qu'on a pas tout perdu, ou en tout cas : qu'une partie d'avant est revenue. Y'avait du whist et de l'accent dedans. Y'avait de la tendresse et une confiance réciproque. On a laissé mourir pas mal de choses, on était là le jour des anneaux, on était ensemble face à la taule, puis deux fesses et des langues de vipère, des peurs, des colères. Des semaines, de longues heures, à rouspéter quand on a compris. Des valeurs sur lesquelles on était assis : différemment, fragiles finalement.
12:32 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (0)
L'assise des relations
Défilement lent des lettres, impossibilité de combler ou d'expliquer, ni même de justifier. Une forme de régression. Le terrain en pente douce des sentiments. Des liens. Des échanges d'écrits et d'impressions. Des attentes. Que tu arrives dans la vie, que tu t'installes dans la sienne. Un terrain qui penche, vers là : les choses que tu as dépassées depuis longtemps déjà. Pourtant, c'est comme si tu n'avais jamais vu. Jamais éprouvé l'horrible sensation que ça ta fait, là, maintenant. Tu as perdu quelques années en chemin. Et c'est perturbant.
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23.07.2009
Tank
Peu de mots.
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20.07.2009
Sevrage
Ca commence par l'inqiuiétude : une inquiétude abstraite. Comme quand on pense jeter son paquet de clopes. On est prêt, dans ces moments-là, à en faire des caisses : ajouter, ajouter, faire plutôt trop que pas assez. Pour bien voir, pour bien s'attacher, dernier élan, à quelque chose qu'on connaît.
Ca continue par le vide. Absolu.
Ridicule inconnue qui laisse silencieux, tourner autour de cette chose, ne pas savoir qu'en dire. C'est juste le néant qui est là.
Ca empire lancinant, la migraine, pour la nuit. Des envies de revoir les scènes jouées. Refaire des bouts de scénario. Améliorer, changer aujourd'hui en le prenant par le passé.
Puis ça s'installe comme une vérité. C'est juste comme ça. Ca ne s'embellira pas.
Et puis en fait, si : ça bougera.
23:32 Publié dans Au bord de l'eau | Lien permanent | Commentaires (5)
Canada dry
Ca a la couleur de la distance. Mais de loin, un bout de ruelle et des affiches, des compliments, j'est comme si je rougis. Des choses qu'on me dit et qui remplissent, alors, ça presque déborde, alors c'est de nouveau disponible. Bien que vide la plupart du temps, sans avenir décidé, bien qu'enlarmée, je sais qu'il y a un devant. Et dans une idée et dans un moteur, bout d'aprèm' là-bas aux gamins des flaques, je trouve de quoi dire, planifier. Non, pas grand chose, pas de mieux pratique. Mais des êtres humains. Des kilts, des poulpes, des broderies. Des quinquas comme des petites filles. Meriem m'a montré Formika (tu es super belle, j'ai trouvé), et on se quitte sur le quai et j'ai pleuré. Le soir on retrouve des chaises. Un vide, un joli vide qui n'a pas de corps (tu me manques, je le savais). L'éternelle peur de déranger surmontée. Un pas en avant, devant le vide. Je contemple les demandes formulées, je contemple nos avancées : nous sommes quatre et on ira tout en haut, là-bas. Un pote promu, un pote kinapu, une des deux femmes anniversées. La nuit est arrivée sur de beaux mots, terminant une magnifique journée.
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