jan 22, 2008

Bordeleuse

En fouillant les annonces, une pensée :
j'aime encore Bordeaux.
Que Bordeaux. Mais Bordeaux.

nov 06, 2007

Le souffle coupé

J'ai moi aussi le souffle coupé, et seules mes larmes continuent de couler. Je ressens cette urgence, de partir, de m'éloigner, de dire toute la vérité. Besoin de parler, de fuir. De rester collée, d'effacer tout moyen d'arriver à cette drogue, de ne pas attendre, ou de foncer. Tout est entré en collision, tout est brouillé.
Je cherche une place juste, quelle qu'elle soit : juste ne pas être la deuxième, c'est tout ce qui compte.
Je rêve de recommencer ma quête à mercredi, et être dans la légèreté.
Je n'ai pas à former d'espoirs, je ne veux pas "croire" : je veux être dans une évidence.
Cette évidence qui ne devait pas s'arrêter. Je ne veux pas lâcher cette main honnête, cette personne qui souffre, je veux l'accompagner. Peut-être me perdre ailleurs et lui en parler, créer une distance pour le soulager, pour mépargner.
Puis dès que vient cette pensée, je reçois des nouvelles de mon Italienne à Beijing, et elle dit :


Arrivée à destination samedi soir. Je suis si contente que parfois j’ai du mal à croire à ce qui m’arrive. C’est tôt pour juger, je sais, mais pour le moment je suis dans un rêve.


Et c'est alors terrible de sentir à quel point pour se protéger, on peut soi-même avoir envie de se renier.

nov 05, 2007

ana

comme dans la photo de Robert Frank

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Une Italienne à Beijing

Les enveloppes jaunes se suivent, avec des RE, des SPAM, des TEST.
De ces messages auxquels on ne répond pas, absorbé par ailleurs par d'autres mondes imaginaires, il en est certains qu'on aurait dû ouvrir plus tôt.
Celui d'une Italienne en transit à Beijing fait partie de ceux-là.
La capacité qu'on a d'accepter les compliments dans les périodes d'euphorie s'y trouve cachée, pleine d'aplomb, en train d'attendre son moment de gloire.

Cette capacité à entendre tout à coup ce qui légitime d'autres sentiments, naissants. Si elle le dit, c'est qu'il doit avoir raison.

Quand elle partie, je lui ai dit que son voyage comptait beaucoup, parce que si elle réalisait ses rêves, cela voulait dire que je pouvais réaliser les miens. Des seconds, terres en construction, je n'ai que des trèfles que frôlent les tigres et les ours.

Des premiers par contre, ses rêves à elle, généreuse, elle les envoie sous forme de photos, maisons, chats, repas de là-bas.

Une Italienne à Beijing  me lit depuis son île, se prépare pour le train, arrive aux cités interdites.
Elle sourit en parcourant les lignes, me parle de mon visage, de mes images. Se dit fan n°2.

J'entends ma valise gratter à la porte de l'armoire, je repense "Il y a plus en toi".
Mes yeux démaquillés par cette belle nuit sont noircis, je suis un panda.

Elle nous a emmenés avec elle dans sa conquête de soi.  

nov 04, 2007

De 135 à 187

a49b4013f386fbcd25828e42c2eea902.jpgTu vois, j'avais dit que n'irais pas m'user, que je n'irais mourir comme ces tournesols de Charentes. Que j'avais décidé de rester. Mais tout se transforme. Tu le sais, toi tu sais cette règle-là. Tout s'est créé, tout se perd pourtant quand je ferme les yeux. De 135 à 187, encore une inconnue. Un soulagement lâche si je me trompe d'équation, et la perspective de soulagement m'emplit de tristesse. L'envie de risquer, la peur de la vitesse. Les noeuds dans le cerveau des filles. J'ai tant besoin de sable que de bergerie, autant besoin de grand homme et que de stabilité. J'ai besoin d'être en vie, posée. Rayonner comme aujourd'hui, près de mes collègues aimés. Quelque part entre ces deux nombres. Ne pas mettre ma vie en l'air pour des ombres.

nov 03, 2007

Les quatre fantastiques

Le premier a des allures du jeune Welles. Il promène son grand angle à Essaouira et photographie des chats, des voitures, des ronds de lumière, des danses, des bleus et des blancs. Il lui arrive malheureusement de pauser torse nu, mais quand il regarde l'objectif habillé d'un pull, le cou presque dévoilé, sa joue ronde appelle la clémence. Une focale, un bel objectif. Un départ de dans le Cantal laisse une envie de parcourir le monde.

Le deuxième transforme les banalités en dérision. Poursuivant sa quête de top model richissime, il aide et soutien le quidam égaré. Rejette les femmes qui le demandent. Il compte à peine, on ne le voit pas. Mais on aime qu'il soit là, quelque part.

Le troisième est le pire. A priori inoffensif, laisse après son passage une sensation de vide. Il y a trop à dire,  des boxers triés, de one-shots manqués, des musiques écoutées. Le pire c'est lui, parce qu'il se souvient de ses désirs passés, et encourage à en faire de même. Le pire c'est ce tee-shirt chiffonné, ce cou -encore un cou - encore. Le troisième engendrera une révolution. Parce qu'il est, contre toute attente, celui qui a redessiné un cadre.

Le quatrième pousse a priori à la méfiance, ce qui boucle la boucle. Le visage franc d'un homme qui semble terminé, achevé, complet. Une vie derrière ; un canapé. Un somme et puis un tendre baiser à sa fille. S'il est cité aujourd'hui, c'est que l'oeuvre du pire a commencé.

Ainsi se poursuit le chemin virtuel, aussi honnêtement que possible, loin de la peau et de la voix, loin de la vie.
Ce qui fait trembler les enfants devant  l'écran, c'est la perspective de leur propre danger. Je suis cette enfant, je vis avec mes héros leurs aventures, je m'attache. Je rêve de les rencontrer, de prendre un verre et de leur demander comment c'est : être grand.

nov 02, 2007

C'est vraiment bon

Comme dans quelques notes,  comme la 25è minute de Meltdown.

 Je n'ai que du texte, un long texte qui descend, et d'images en mots, I know the words but it just make no sense. Show me the maps of our actions. Il me dit, il me parle, il me dit c'est vraiment bon. Et les quelques barrières qui restaient s'envolent, plus haut et plus vite que les certitudes : ce n'est pas la sympathie, c'est la chance qui m'amène là où je suis.

Il dit qu'il connait, et que c'est vraiment bon. Et tout prend un autre air, parce qu'il suffit d'une phrase pour que l'on réalise le sens des mots, que c'est là, oui c'est encore à vivre. 

La rose des sables ne le sait pas.  Pas encore. Mon plan d'action a bougé. Je ne devais que regarder. J'attendais patiemment un lundi pour reprendre mes activités. Mais un autre aura de la chance, il connait, c'est vraiment bon.
Et tout tient peut-être dans cette phrase, certainement, je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi, les connexions, les connections se font.

Pour ce qui me reste de nuit, pour ce qui reste de nuits, mon film se déroule là-bas. Ca n'a plus de début, ça n'a plus de question, ça arrive directement à la scène qu'on attend tous. Et vous savez quoi ?
J'espère que je me dirai un jour qu'il avait raison.

 

nov 01, 2007

Que ça

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 l'écorce use

 

 

 

Fatalement cela arrive. Similitudes de formes, de couleurs.
On mélange les odeurs. Quand il demande ce qui me passionne, je ne dis rien. Que ça. La cédille et puis un "a". L'arbre reprend vie; et sort la sève, sortent les pousses éphémères.

Quand il parle de photos, je pense à Judd. Name-dropping, net-sitting. Une gamme de gris, je ne veux pas de facile, une gamme de bleu, je ne veux pas jouer de jeu. L'ami du bout du fil s'en va, laissant la paysage aussi nu qu'avant lui. Le temps a raison de ces bêtises, au final, il use l'écorce des illusions. Ne restent plus que des lettres, affichées, et un être accoutumé à la normalité.

Pas d'ivresse gratuite, rien que des corps qui s'usent.
Le geste, lui, prend le relais et assure le rythme.

Je n'irai pas en Charentes, puisque c'est le sujet, je n'irai pas voir les arbres, voir les tournesols morts.
Je n'irai pas voir les mûres, les murs de mûres, les murs de mûres mures. Je veux parler à voix haute, et prendre de la force. Que sous cette robe ne se cache pas que du poids, mais de la puissance.
Que sous cette robe, ce coeur qui bat ne s'emmêle pas : un rendez-vous est donné, il ne mènera nulle part.
Je n'irai pas user mon corps dans des images usées. Comme l'écorce de cet arbre, que j'ai photographié.

Je n'irai pas voir les tournesols morts même si ils sont vrais, je garde toujours près de moi assez de lucidité.
Les corps s'usent et  sur eux  se rebâtissent  en un soir un souvenir de ce qu'ils ont été.

Kissing the djay

5053afec71a45f43afc8cd08c9b2def5.jpgParce que parfois il faut bien se jeter à l'eau, on se jette dans la toile,
prêt à rebondir, tomber et se relever con.

Me voilà en vadrouille dans l'infini, visistant des lieux
que ma mère m'a appris à éviter,
et que mon père m'interdirait de voir.
Shht, seule la rose des sables sait.

Puis vient une joue. Stray cats : guitar.

Comme disait  Sarraute : d'autres mots. Une autre langue.

Nothing comes from nowhere.
There I was.
Than came the kiss.

Innocente, peu au fait des procédures, comme sur ebay : laisser une évaluation positive.

C'est comme ça que les messages commencent.

Elvira77, loveblue51.

Au milieu des images, d'autres messages.

Rien de ce qui était prévu : juste une discussion banale, comme on en a dans les bars, avec des gens de confiance.

Moins dévergondée que planifié.

Reste une trace, une possibilité que cela arrive à destination : l'album photo pour celui qu'on n'a jamais vu et que l'on ne reverra jamais.
Une belle nuit en Bourgogne,
attention mensonge, voici l'album caché de l'emperador