22.12.2009

7 minutes

Je vide le cendrier d'un coup de poignet : prendre, retourner.
J'ai le souffle coupé, je vois, au fond de la poubelle,
les mégots de moments de froid, dans le bureau ou bien en bas.
Des cigarettes allumées fumées éteintes à la chaîne.
Certaines savourées, vraiment, et pourtant elles sont là
le même sort que les autres.
Certaines juste consummées, dans un mouvement
même pas forcément beau, même pas remarqué.
Une bouche, ma bouche, a touché chacune d'elles.
Chacune d'elles entre mes doigts, tremblante ou riant,
ajustant cette mèche devant mes yeux,
cherchant une idée ou un papier,
cherchant un peu de temps
à faire passer.

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15.12.2009

Juste la regarder

Il n'y aura pas de froid, pas de flou, il n'y aura rien devant qu'autre chose qu'un cou. Il n'y aura pas de questions, de tentatives de comprendre, il n'y aura qu'une indifférence entraînée, une distance après la buée. Il n'y aura pas de risque à prendre ni de crainte d'être abandonnée. Il n'y aura ni hésitation ni mensonge : que du vrai car ce qui est pauvre est vrai. Il n'y aura aucun manque. Aucun souhait, aucune promesse qu'on prenne au sérieux comme si c'était bien réel. Il n'y aura que la routine des jours qui passent, et de la joie détachée pour des bonjours qui s'effacent. Laisser la place au quotidien, des petites joies domestiquées : un café contre une preuve, une cigarette contre une main posée. Il n'y aura rien si on a du courage. Celui de faire passer la peur en tournant la page. Des fois sans ça c'est plus facile, et on abandonne cette étoile qui file.

23:28 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (2)

C'est quoi ce vent ?

Dans le fond de la pièce, il y a un mur couleur mur
ça rappelle la fresque, ça rappelle mes cheveux courts,
ça rappelle le coup de canon à midi
et les livres qu'on lit, quand on peut, quand on a le temps,
quand on était pas sûr de durer longtemps.

La musique passe, avec un dedans,
un autre, un autre encore.
Des possibles musiques qui évoquent des prénoms
que des possibles,
que des possibles sauf que non.

Dessus, presque davantage,
un souffle chaud :
pour avoir moins froid il faut être près.
Tout près. J'entends le souffle,
pas suffisant.

Il y a une autre scène,
avec de la joie, des rebondissements.
Il y a un autre terrain d'expression.
Il y a cet autre endroit
qui n'est pas cette maison.

On s'éparpille, on s'attend,
on se dit des choses jolies,
quand ils en disent je les entends.
Le reste me parvient aussi,
comme ce souffle
inutile
chaud de loin,
distant.

J'ai vu une main sèche, rare,
j'ai vu un geste lent.
J'ai vu le geste devenir absent.
Ne doute pas.
De ça.
Je ne doute pas de ce froid.

Aimer l'indéfectible,
le durable, qui devient beau.
Aimer ce jour d'hiver
qui n'atteint que la peau, mais pas
l'envie de tangible, non.
Ce jour d'hiver n'obtiendra rien
de moi
d'essentiel
au fond.

11:35 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (3)

12.12.2009

Mais je ne veux pas

Tout ce qui cloche et qui avorte,
avant même que cela soit arrivé, tout ça,
la peur d'être blessée,
j'observe ce mouvement premier,
cette réaction de lâche :
penser à claquer la porte.

J'ai usé mes yeux plus qu'il ne fallait
dans un moment précieux
à regarder ailleurs,
poussée dans le dos, poussée dehors,
par une peur comme un cri :
tu dois filer, allez, vois autre chose,
car tu devrais, et même on disait,
que tu es déjà partie.

Tous ces mots, ces âges,
ces soupçons,
ces voyages à venir qui
m'ont donné le frisson.
Pourquoi ça arrive jusqu'à moi,
quel est le message. Je vois,
je sais, mais on marche,
on foule comme si de rien n'était
ce bien triste feuillage.

Se faire une joie de la route
du peu dont on dispose,
puis réaliser ce qu'on risque
dans cette métamorphose :
si je ne suis plus capable
de ne rien ressentir,
je sais alors que ce cri
me hurle de partir.

23:02 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (2)

01.12.2009

alors pars

On marche dessus on piétine et ça saigne et on appelle à l'aide, il faudrait des bras, ceux qui partent justement, ces petits bras-là. Qui partent, écrasés, tordus, coulent à flot dans le sang. Ça fait mal, pas le coeur, pas l'amour, ni la vie devant:bêtement mal physiquement. Des crampes, des torsions, se retourner, pleurer vouloir vomir, la douleur, mais pars alors, pars. Et vouloir qu'il parte alors, demi-rien, faux bonheur, une enveloppe vide, une moitié de chemin. Pars, il reviendra, à chaque fois, il reviendra, mais avant il s'en va.

03:19 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (3)

27.11.2009

Bourrique

Le coeur a bondi, et elle a dit : tu es en vie. Ca marche avec les miettes, avec le calme, avec les déceptions aussi. Etre en vie. La distance entre ce qui se gagne et ce qui s'obtient facilement, les paumes tendues pour attraper ce qui vient, les doigts accrochés pour retenir ce à quoi tient. Les miettes, le vent, les fausses idées et l'omission. Un peu de chagrin encore, ça et là, pour se souvenir du palpitant.

08:17 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (1)

26.11.2009

Build

Doucement. Lentement. Sûrement.

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23.11.2009

Laconique

Le mot dit : tu reviens bientôt ? quand j'ai eu le temps de repartir. Et ce temps, cette période, cette absence, sans rien, sans autre mot, est une preuve. Une preuve que c'est faute de mieux. Que rien ne manque, que c'est sans intérêt ou en tout cas, accessoire. Et donc c'est pas grave. Je veux bien qu'on soit différents, mais je n'aime pas qu'on se foute de ma gueule. Du moins pas sans me le dire. Mais dès que c'est évident - je suis lente - alors d'accord, je joue aussi. Et donc maintenant, le mot dit : tu reviens bientôt ? Et moi, souriant, je réponds juste : oui.

02:09 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (0)

12.11.2009

Un ange

Un ange peut-être, mais pas un saint. Se ressemblent.
Plus d'ailes. De tout inside. Une partie de soi. Se transforment.

pasunsaint.jpg

 

 

 

 

 

 

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28.10.2009

hurry

C'est étonnant la musique. Le bruit qui ne ment pas. Un son juste, une pensée à la fois.
Et le soir, voir. Voir qu'on doit. Faire. Ce qu'on sait. Pour être en accord.
Avec ce que devient tout ça.
Et le soir, et demain soir. Et c'est juste comme ça.
Parce que on peut rêver, prendre ce qui est bon, puis se réveiller.
On peut jouer à plusieurs, se faire croire, se demander.
On cherche toujours les mêmes choses sans prendre le temps de se les approprier.

Le monde pressé. Ce monde, pressé.

 

21:07 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (0)

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