09.12.2009

Blog bavard

En rentrant du travail, j'ai pensé "il n'y a qu'elle qui sait tout de moi, mais elle m'aime quand même". Puis j'ai pensé "non, elles deux". Puis, traversant le parvis, j'ai croisé un type avec une sale gueule, un sale regard, il faisait noir. J'ai eu une seconde de frisson, et je me suis dit "ici c'est chez moi, plein de monde que je connais à peine viendrait si quelqu'un me faisait du mal". Juste après, je me suis rendu compte : je travaille soit à 38 secondes, soit à 6h de train de chez moi. Puis, j'ai pensé "c'est tout moi ça." Le grand écart permanent, tout et son contraire, radicalement.

Après, sur ce court chemin, j'ai eu le temps de penser à toutes ces erreurs, toutes ces tensions, ces déceptions pas graves. Qui nous pourrissent la vie et qui me font souvent rapidement sourire. Je sais pas ce que les gens voient dans mon sourire. Ils ne voient pas le gars armé au bout de mon lit. Moi oui, je le vois toujours. Je le hais. Pourtant je ne hais personne normalement. Et là, quelques mètres avant la porte, j'ai espéré, encore une fois, que si cette détresse revenait, on viendrait encore me sauver. Et ça sera sûrement le cas.

Voilà. Rien de bien malin, rien de grave. Juste de la chance ordinaire dans des pensées de fin de journée.

J'ai ouvert, ils dormaient tous les deux sur le canapé. Il faisait chaud; un copain m'héberge à Montpellier demain. Y'a du monde. Y'a du beau monde.

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06.12.2009

comme O., qu'on appelait Tomcat

Il y a des révélateurs. Ils arrivent, ils penchent la tête, ils mettent des majuscules partout, ils ont des tee-shirts blancs, ils portent des vêtements à pois. Ils disent : "si ça te fait du bien c'est que tu ne te trompes pas du tout". Ils disent "ne crains rien surtout". Ils disent, ils font. Ils sont. Et alors, on porte dehors le bout de soi qui jusque là se cachait tant qu'on aurait pu croire qu'il n'existait pas.
Des pauses de danseuse. Des chaussures de coiffeuse. Des cup-cakes le samedi qu'on n'a pas encore mangés, et des arbres entre lesquels se promener. Des secrets, l'intimité.

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05.12.2009

Piep

Quelques montagnes blanches, quelques mouvements envoûtants :
une tête qui balance, des mains qui tournoient,
des yeux de chat, des yeux comme les poissons de Disney : Dora ?
Encore le songe qui se poursuit les yeux ouverts.
Le matin, le réveil, la tenue du sommeil.
Et quelques petits pieds sur des jambes,
et des grandes mains encore, qui serrent très fort.
L'avalanche toute petite dans un cou.
Des bruits de souris,
des heures qui réduisent la distance,
des heures qui passent sans que vienne la chance
de toucher quand en fait c'est tout près, là,
dans une heure, à peine, bientôt.
En retard d'un geste sur cette sensation à l'avance.
Sentir qu'on se repose dans le coton des montagnes blanches.

03.12.2009

Papier à musique

Prévisible, bon soldat,
le corps réagit et fait ce que doit :
sortir, tordre, vider.
Nettoyer.
Au moment juste : comme du papier à musique.
Danser sa vie en suivant un rythme,
un air, une chanson pour tout. Des notes,
le tempo.
Un temps pour en rire, un temps pour
se toucher le ventre
un temps pour arracher les morts,
un temps pour pleurer.
Et puis attendre lentement
le morceau suivant.

01.12.2009

alors pars

On marche dessus on piétine et ça saigne et on appelle à l'aide, il faudrait des bras, ceux qui partent justement, ces petits bras-là. Qui partent, écrasés, tordus, coulent à flot dans le sang. Ça fait mal, pas le coeur, pas l'amour, ni la vie devant:bêtement mal physiquement. Des crampes, des torsions, se retourner, pleurer vouloir vomir, la douleur, mais pars alors, pars. Et vouloir qu'il parte alors, demi-rien, faux bonheur, une enveloppe vide, une moitié de chemin. Pars, il reviendra, à chaque fois, il reviendra, mais avant il s'en va.

03:19 Publié dans bourrique | Lien permanent | Commentaires (3)