jun 01, 2008

Sophie, la petite Sophie

J'ai une Bretonne qui me fait des cadeaux : ils sont petits et lumineux.
On s'est vues trois fois et demi, on a connu deux époques : l'ancienne, l'actuelle. On a dansé aussi. Marina a fait le lien. Elle l'a faite venir pour une quiche sans viande et sans choux rouges (aux pommes pourtant).

Et on discutait, et sans rester dans les "Bon ben c'est facile t'as qu'à", puis les gens continuent parce que le concept est plus facile que la réalité, sans en rester là, elle a dit J'avais du mal, je m'inquiétais. Je n'avais pas d'argent, mais j'ai un loyer. J'ai décidé de lâcher.
Et elle a fait le geste : plus que lacher : on jette devant, et on va changer de direction. Ca n'est plus devant, c'est de côté ou derrière. C'est abandonné. A son sort. Mais on ne porte plus.

Elle a dit "Tu as toujours ce poids en tête".

Et ces deux trois phrases, et ce geste, ces quelques secondes : c'était du réel intérêt, c'était de la compréhension. C'était quelqu'un à table qui sait, et qui est tout près.

Robe verte

Bon, alors, on concert de vous-savez-qui*, je l'ai mise.
Alors je n'étais pas la plus belle (ben non, ça se saurait) mais franchement : j'avais la plus belle robe.
Faut dire qu'entre les blouses en soie fermez les guillemets à motifs psychés ou les tee-shirts verts trop longs, j'avais de la marge : c'était facile d'avoir la plus belle robe. Oui, et bon, à un concert, on va pas en justaucorps de soirée, ok. Mais quand même : c'était terrible.
Je montre à ma soeur. Elle me dit : Mais tu mets ça avec quoi ? Pas avec des talons !?!
Je dis Non ... (je laisse planer deux secondes insoutenables pour une fille qui parle fringues avec une autre fille)
Avec les Birckenstock vernies ! (sur le ton de "C'était le Colonel Moutarde avec le chandelier au concert de Bashung Brisa Roché")
Et là, on cligne les yeux (les deux toutes les deux) jusqu'à ce qu'ils soient presque fermés. On acquièsce en dodelinant. Et on fait "Aaaah" (sur le ton de "Je le savais bien que ça serait le Colonel Moutarde, il est trop fort")

Oui, ma soeur et moi, quand on se voit, on parle des choses essentielles.
Après il y a eu des J'ai retrouvé Jeannot, Et moi Gaëtan, Comment va Meriem, Je vais lui montrer on verra si elle voit, Il a eu sa chance, Tu me l'as fait entendre "Take on me", Il se plaint toujours de son travail, Maman s'il te plaît arrête,  J'ai arrêté de fumer.
Mais ces quelques secondes d'intimité avec la belle robe : c'était comme quand on montait sur le meuble espagnol, pour se voir dans le miroir.
Et Maman passait derrière, pour essuyer notre marques de chaussures.

 

* : Non : pas Voldemort. 

mai 20, 2008

Ca ne l'est pas

Ce soir, l'univers coloré et la typo du Chat.  Je regarde nos doigts et j'aimerais ce soir, par fatigue, que ce soit aussi simple que ça.
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mai 15, 2008

Brisa mon coeur, Brisa Roché

Bien que ma bague ait été parfaite, j'ai bien fait en novembre de ne pas me marier à moi-même. En effet, quitte à me marier avec une fille (pas assez de roudoudoux, trop de nènès -  enfin ça dépend d'la fille...), autant me marier avec Brisa Roché.

C'est officiel : j'aimerais épouser Brisa Roché. C'était officieux au début comme toutes les histoires d'amour. Ca présentait les symptômes du crash émotionnel dès les premiers instants, ça s'est confirmé en écoutant sa voix tous les jours de mars - sombre mars - dans la rue le métro le train et la maison. Et là, là, je l'ai vue. Devant moi. Agrippée au premier rang "Il y a une belle expo tu devrais la voir" je ne décollerai pas du premier rang, "tu veux boire quelque chose" je ne décollerai pas du premier rang, "C'est magnifique" je sais et je ne décollerai pas du premier rang. 

Les roadies préparent, le groupe se trémousse habillé de blanc. Elle est fine et voluptueuse. Elle est pro, elle est douée, elle est légère en envolée. My man, Ma mariée, Brisa Roché, femme au jupon sous la robe psyché.  

Demain elle est à Charleroi. A l'Eden. Comme quoi... 

Les doigts de Sara

Moi ça m'a toujours émerveillée les filles qui mettent de manière impeccable du vernis sur leurs ongles de main : c'est comme danser avec des haut-talons : c'est uen sorte de forme avancée, une espèce de haute technicité de la féminité.1908467594.jpg

mar 27, 2008

Anne

Elle a dit

Si ça te dit dans ta nouvelle vie, on peut aller manger ensemble.
Elle a respiré.  Puis a continué

Enfin dans ton ancienne vie aussi tu pouvais.

mar 26, 2008

Cheveux blonds

On a parlé de tout sauf de ça. On a parlé du jardin, de la cuisine. De Michel, de concerts. On a parlé de Rome. On s'est remercié. Elle m'a donné à boire. Elle avait fait de la pizza. Elle riait comme toujours, on a parlé du chat. Elle hurlait dans la salle comme quand elle conduit. Le porte-clés acheté le temps d'une clope. Elle fouille le programme, ment, ou fait semblant. Elle arrondit les angles et fera les comptes. Elle connait la rue, elle attendra à l'hôtel.

mar 18, 2008

Son expression

Elle dit "haut du sol". Et les cheveux coupés comme les femmes vraiment femmes, les talons compensés de celles qui marchent, elle est grande, ses yeux soulignés, dans ses talents et son amitié.

Le bon endroit

Au début j'avais du mal avec la mise en page. Typo, couleurs, images. Dur à lire, ça partait dans tous les sens. Mes yeux s'habituent maintenant. Allez aussi vous régaler des justes pensées du chat,  pour respirer, être bien reçu, et vous poser.

mar 05, 2008

maman

Je me suis dit "après-midi"
puis "après le travail"
puis "après la pharmacie"
mais j'y suis pas allée.
Alors je me suis dit "avant le bistrot"
puis "avant le ciné"
mais j'y suis pas allée.
Je lui ai donc parlé quelques minutes
avant le resto
et elle m'a raconté
ses colères
les méchancetés de ma grand-mère;
comment à 63 ans
63 ans aujourd'hui
une femme enfant
souffre de ce que sa mère lui a dit.
Bon anniversaire.

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